Le Bureau de l'Information de Guerre de Khajistan dans The Guardian
par Khajistan Cultural Desk
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The Guardian a récemment publié un article sur l’exposition de Khajistan Office of War Information (O.W.I.), actuellement visible à Pioneer Works à Brooklyn. L’article pose une question directe : les États-Unis ont largué des millions de tracts de propagande dans les zones de guerre, mais fonctionnent-ils vraiment ?
L’exposition aborde cette question à travers le matériau lui-même : le papier, la langue, l’image, la menace, la traduction et la bureaucratie qui en est à l’origine.
Office of War Information tire son titre de l’agence gouvernementale américaine qui coordonnait la propagande de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale. L’exposition suit cette logique dans les guerres américaines ultérieures, notamment en Irak, en Afghanistan et en Libye, où les tracts étaient utilisés pour avertir, menacer, persuader et justifier.
À Pioneer Works, les tracts sont exposés dans un environnement de bureau en décomposition. Une imprimante continue de produire des copies. Le papier s’accumule. La pièce semble administrative plutôt que dramatique. Le décor souligne les systèmes derrière l’objet : le traducteur, le designer, l’officier, l’imprimeur, le dossier et le processus d’approbation qui transforment la force militaire en communication officielle.
Un tract est un petit objet imprimé portant une grande hypothèse. Il suppose que l’avertissement peut atténuer la violence. Il suppose que la traduction peut créer la confiance. Il suppose que les personnes sous pression militaire peuvent être considérées comme un public.
La question de l’efficacité n’a pas de réponse claire. Certains tracts ont peut-être modifié les comportements. Beaucoup probablement pas. Mais leur fonction n’a jamais été uniquement la persuasion. Ils ont aussi créé un enregistrement. Ils ont permis à l’armée de dire : les civils ont été avertis, des instructions ont été données, une communication a été tentée.
En ce sens, le tract est un document administratif.
Ces matériaux étaient souvent destinés à des personnes déjà réduites par le langage militaire à des cibles, ennemis, locaux ou populations. Leurs langues étaient utilisées de manière instrumentale. Leurs peurs étaient étudiées. Leurs religions, structures familiales et codes sociaux étaient transformés en outils de communication.
L’exposition ne présente pas les tracts comme des objets de design neutres ou des objets militaires de collection. Elle les présente comme des preuves imprimées de distance, de bureaucratie, de pensée raciale et de contrôle.
Les archives plus larges de Khajistan préservent généralement des imprimés issus de la région : magazines, affiches, hebdomadaires politiques, satire, pulp, érotisme, publications religieuses et autres matériaux souvent ignorés par les institutions. Les tracts de Office of War Information viennent d’une autre direction. Ils n’ont pas été créés par un public pour lui-même. Ils ont été créés par une armée pour agir sur un public.
Un magazine parle de l’intérieur d’un monde social. Un tract de propagande parle d’au-dessus.
Les tracts étaient conçus pour un usage temporaire. Ils étaient largués, dispersés, lus, ignorés, redoutés, collectionnés ou jetés. Les préserver change leur statut. Ils cessent d’être seulement des instruments d’une opération et deviennent des archives de la manière dont le pouvoir imaginait son public.
The Guardian se demande si ces tracts ont fonctionné. L’exposition montre ce qu’ils révèlent : la tentative de rendre la violence procédurale, lisible et défendable par le papier.