Projection de film : Le cinéma financé et censuré par l'État de Jamil Dehlavi au SculptureCenter, NYC
par Saad Khan
·


Gauche : Image extraite de The Blood of Hussain, (Jamil Dehlavi, 1980) | Droite : Image extraite de Towers of Silence, (Jamil Dehlavi, 1975)
Au milieu des années 1970, la National Film Development Corporation (NAFDEC) nouvellement créée au Pakistan soutenait un cinéma audacieux appuyé par l’État, pour voir ces mêmes films réprimés par des changements politiques. Towers of Silence et The Blood of Hussain de Jamil Dehlavi incarnent cette contradiction : des œuvres audacieuses nourries par l’État qui se heurtent ensuite à la censure autoritaire.
Towers of Silence se déploie comme une odyssée onirique d’un garçon à travers les rituels funéraires zoroastriens, où tours silencieuses, vautours tournoyants et résistance muette convergent dans une méditation saisissante sur l’amour et la foi.
The Blood of Hussain réinterprète le martyre de Karbala comme une révolte moderne, utilisant l’image d’un cavalier solitaire et d’un cheval perçant la terre comme puissants symboles de défi face à la tyrannie.
Récemment restaurés par le British Film Institute, ces films retrouvent un chapitre perdu du cinéma pakistanais et révèlent la fragilité du lien entre mécénat étatique et liberté créative.
13 juillet 2025
13h00 — Towers of Silence (1975)
Durée : 54 min
Pays : Pakistan
Langue : Ourdou et anglais
Format : Long métrage
Crédits : Jamil Dehlavi (réalisateur, scénariste), Judy Van Hook, Jalal Khan, Ajaz Ahmed
Début avant-gardiste et semi-autobiographique, Towers of Silence tisse une méditation onirique sur les rites funéraires zoroastriens à travers Karachi et New York. Soutenu par la NAFDEC et réalisé alors que Dehlavi étudiait à l’Université Columbia, il mêle rituel, mémoire et identité à travers des dialogues rares en ourdou et en anglais. Présenté en première au Festival des Amériques 1976 — où il remporta le prix du meilleur film expérimental — il ne connut jamais de sortie commerciale au Pakistan, survivant par la réputation chuchotée et des copies VHS piratées.
15h00 — The Blood of Hussain (1980)
Soutenu par la NAFDEC, The Blood of Hussain transpose la bataille de Karbala du VIIe siècle dans un village pakistanais sous la loi martiale de Zia ul-Haq. Il suit deux frères — Selim, banquier formé en Occident négociant des prêts militaires pour le régime, et Hussain, un fermier mystique dont les actions déclenchent une révolte paysanne. Interdit avant son achèvement pour sa critique incisive de l’autoritarisme et du patriarcat, The Blood of Hussain réinterprète le martyre de Karbala comme une révolte moderne, utilisant l’image d’un cheval perçant la terre à la recherche d’un nouveau cavalier comme puissant symbole de défi face à la tyrannie.
RSVP pour Towers of Silence
RSVP pour The Blood of Hussain
Nés de l’ambition étatique et réduits au silence par son pouvoir, Towers of Silence et The Blood of Hussain reviennent pour exiger des comptes, témoignant de la capacité durable du cinéma à subvertir l’autorité.
Cette projection fait partie de l’exposition Spasial Program by Khajistan dans la galerie du niveau inférieur du SculptureCenter du 19 juin au 28 juillet 2025. Chaque séance a une capacité limitée. Les réservations sont traitées selon le principe du premier arrivé, premier servi.
Adresse : 44-19 Purves St, Long Island City, NY 11101